Bab’ Aziz de Naceur Khemir en Compétition Officielle
J’emploierais volontiers cette parabole : si vous marchez à côté de votre père et qu’il tombe le visage dans la boue, que faites-vous ? Vous l’aidez à se relever et vous lui essuyez le visage avec votre veste ou votre chemise. Le visage de mon père, c’est l’islam, j’ai essayé de l’essuyer avec mon film en montrant une culture musulmane tolérante et hospitalière, pleine d’amour et de sagesse... Bref, une image qui ne cadre pas avec l’image de l’islam véhiculée par les médias suite au climat d’hystérie post- 11 septembre 2001. Le fondamentalisme, l’intégrisme sont un miroir déformant de l’islam.
Ce film est une humble tentative pour rétablir le vrai visage de l’islam. Dès lors, je ne vois pas plus urgent comme thème que celui-là ; redonner un visage à des centaines de millions de musulmans qui sont souvent, pour ne pas dire toujours, les premières victimes du terrorisme fondamentaliste.
Bien que ce soit un film fondé sur la tradition soufi qui nous remplit de joie et d’amour, c’est aussi un film éminemment politique, un acte conscient.
C’est un devoir aujourd’hui de montrer autre chose de l’islam, sinon chacun va étouffer à cause de son ignorance de l’autre. C’est la peur qui étouffe les gens, non la réalité. Il y a en France aujourd’hui près de 5 millions de musulmans. C’est une forme d’hospitalité que de découvrir le vrai visage de son voisin. L’hospitalité ne veut pas seulement dire recevoir et donner à manger, l’hospitalité signifie d’abord l’écoute. Vous ne pouvez pas recevoir quelqu'un chez vous, l’accueillir et l’ignorer. La première règle de l’hospitalité, c’est l’écoute. Pour moi, ce film favorise cette écoute et plus loin, une véritable rencontre. Voir ce film est une forme d’hospitalité envers son voisin. C’est vrai que le prince est penché sur l’eau mais il ne voit pas son propre visage comme Narcisse, car celui qui voit son reflet dans l’eau n’est pas capable d’amour. Le prince contemple l’invisible, son âme. Nous sommes tous comme un iceberg, dont seulement un dixième est visible et le reste est caché sous l’eau. Le thème du prince est un thème que j’ai découvert grâce à une assiette peinte en Iran au XIIème siècle. Elle représente le dessin d’un prince penché sur l’eau avec l’intitulé : “le prince qui contemplait son âme”. J’ai perçu cette image comme quelque chose que je devais continuer, c’est pour ça que le tournage en Iran m’a paru évident. Répondre à un artiste du XIIème siècle par un film. D’ailleurs le hasard, ou autre chose, a fait que nous avons tourné à Kachan, ville d’origine de cette assiette… Le film par sa construction essaie d’aider le spectateur à oublier son propre ego, à l’effacer pour mieux s’ouvrir à la réalité du monde.
Il est construit sur un schéma semblable aux visions racontées par les derviches. Il emprunte leurs danses en spirale, comme les derviches tourneurs. Les personnages changent mais le thème reste unique : l’Amour. Toutes sortes d’Amour. Et comme le dit Ibn Arabi “Mon coeur est devenu capable de prendre toutes les formes ; il est pâturage pour les gazelles et couvent pour le moine, temple pour les idoles et Kaaba pour les pèlerins. Il est les tables de la Torah et le livre du Coran. Il professe la religion de l’amour quel que soit le lieu vers lequel se dirigent ses caravanes. Et l’amour est ma loi et l’amour est ma foi”.
Indigènes la bande annonce
Le site officiel du film événement: http://tadrart.com/tessalit/indigenes/home.html
Quel est le dernier film que vous ayez vu qui a modifié le comportement de nos hommes politiques?
Le film de Rachid Boucahareb fera l'ouverture du festival de Carthage
1943. Ils n'avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c'est la guerre, Saïd, Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s'engager comme 130 000 autres "Indigènes" dans l'armée française pour libérer "la mère patrie" de l'ennemi nazi. Ces héros que l'histoire a oubliés vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.
Le film a été dévoilé au dernier festival de Cannes ou il a reçu récompenses et ovations du public. Il a depuis
Indigènes a été réalisé par Rachid Bouchareb avec notamment Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem...
Voir sa bande annonce: Link Text
- 16.10.2006
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Président du jury video Idrissou Mora-kpaï (Bénin)
Né au Bénin en 1967, Idrissou Mora-Kpaï a quitté son pays à l’âge de 19 ans et après un séjour en Algérie et en Italie, il s’installe en Allemagne où il fait des études de cinéma dans la section réalisation. Après quoi, il s’installe à Paris où il réalise son premier doc « Si-Gueriki, la Reine mère » qu’il a tourné au nord du Bénin et pour lequel il a reçu plusieurs prix dont celui du meilleur documentaire francophone à Namur en Belgique. Son film « Arlit, deuxième Paris », prix du meilleur documentaire au festival de Milan, a été présenté à la première session du festival tunisien Doc à Tunis.
- 13.10.2006
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Président libanais: Elias Khoury pour le Jury Cinéma
Le festival a choisi pour son Jury Cinéma un Président libanais: Elias Khoury (Liban)
(Né en 1948 à Beyrouth. Chroniqueur, essayiste, critique littéraire et romancier, Elias Khoury est actuellement Rédacteur en Chef du supplément culturel du quotidien libanais al-Nahar après l’avoir été pour al-Safir. Il tient une rubrique hebdomadaire dans le quotidien arabe paraissant à Londres al-Quds al-Araby. Il est parmi les meilleurs écrivains arabes de sa génération. De ses roman (traduits en plusieurs langues) « Le petit homme et la guerre », « La porte du soleil », etc.)
- 13.10.2006
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Les hommages du festival à Yousri Nasrallah et Naguib Mahfuz
Hommage au Prix Nobel de littérature, l’Egyptien Naguib Mahfuz –1911/2006
« L’importance de N. Mahfouz scénariste n’est pas moindre que celle de Mahfuz romancier. Peut-être même que sa présence cinématographique dépasse-t-elle de beaucoup sa présence littéraire. L’écart culturel qui sépare Mahfouz de ceux qui œuvrent dans le cinéma est moindre que celui qui le sépare de ses collègues romanciers. D’un autre côté, le cinéma offre à Mahfuz la possibilité d’influer sur le monde de façon plus profonde que ce que permet la littérature. Et personne ne pourra nier que la propagation de N. Mahfuz à travers le grand écran a beaucoup aidé à la diffusion de sa littérature… » Hachem al-Nahhas. in Naguib Mahfuz et le cinéma égyptien.
Entre ciel et terre de Salah Abou Seif (1959)
Entre les châteaux de Hassan al-Imam (1964)
Le Caire 30 de Salah Abou Seif (1966)
Le mirage de Anouar al-Chinnawy (1970)
La faim de Ali Badrakhan (1986)
Au cœur de la nuit de Atef al-Tayyeb (1989)
Hommage au cinéaste Yousri Nasrallah - (Egypte)
Né au Caire le jour du déclenchement de la Révolution - 26 juillet 1952 – d’une famille aisée, Yousry Nasrallah fréquente l’école allemande du Caire puis entame des études supérieures d’économie et de sciences politiques à l’Université du Caire. Il s’installe en 1978 au Liban où il devient journaliste pour le quotidien al-Safir. A Beyrouth, il est assistant de production sur Le Faussaire de Volker Schlöndorff, puis assiste Youssef Chahine sur La Mémoire. Aussi collabore-t-il avec lui à l’écriture du scénario du film Adieu Bonaparte et est son premier assistant lors du tournage. En 1987, écrit et réalise son premier film Sariqât çayfiyya (Vols d’été). De 1988 à 1990, il écrit avec Chahine le scénario du film Alexandrie encore et toujours. En 1993, il réalise son second film Mercédès. Suite à une commande de Canal+, il réalise l’émission Une journée avec Youssef Chahine en 1994. Un an plus tard, c’est le documentaire A propos des garçons, des filles et du voile. En 1999, il réalise al-Madina (La ville) co-produit avec la chaîne Arte. En 2001, il adapte et réalise Bab al-Chams (La porte du Soleil) présenté dans ses deux parties à la dernière session des JCC en 2004.
Vols d'été (1987)*
Mercédès (1993)
A propos des garçons, des filles et du voile (1995)
La ville (1999)
La porte du soleil 1ère Partie (2002)
La porte du soleil 2ème Partie (2002)
Une cinéphilie porteuse en Tunisie
Le cinéma tunisien est né sur un terreau particulièrement fertile, celui de la cinéphilie et de l’admiration pour les grandes oeuvres du 7ème art mondial.
Dès 1922, le précurseur du cinéma tunisien et génial touche-à-tout, Albert Samama Chikly, tournait un court-métrage de fiction ("Zohra") suivi en 1924 d'un moyen- métrage "Aïn el -ghazâl" (La Fille de Carthage), devenant ainsi l'un des tout premiers cinéastes "autochtones" du continent africain. Plus tard, en 1949, soit sept ans avant son indépendance politique, la Tunisie était déjà l’un des pays du continent africain possédant le plus grand nombre de ciné-clubs. Tahar Cheriaa, président de la Fédération des Ciné-Clubs, devenu directeur du cinéma au tout nouveau Ministère de la Culture, fut tout naturellement le "père" des premières productions tunisiennes (les premiers longs métrages tunisiens de fiction "al-Fajr » (L'Aube) de Omar Khlifi, et « Khlifa al-Agraa » (Khlifa Le Teigneux » de Hamouda Ben Halima ont été tournés en 1966 et 1967) et le créateur du premier festival panafricain et panarabe de l'Histoire, les "Journées cinématographiques de Carthage" (JCC) dont le succès populaire n’a pas faibli depuis 1966.
Les ciné-clubs, les nombreux clubs de cinéastes amateurs, et les JCC ont contribué à former à la fois des cinéastes et un public exigeants. D’emblée, il ne fut pas question de s’aligner sur l’unique "Premier" cinéma arabe existant (le cinéma commercial égyptien), grand pourvoyeur de mélodrames et de films musicaux parmi lesquels essayaient d’émerger difficilement quelques "auteurs". Il s’agissait plutôt pour la majorité des cinéastes de réussir, chacun selon son style, des films "d’expression" (politiques, sociaux, culturels, etc.) originaux, marqués du sceau de leur réalisateur et visant la qualité artistique déjà atteinte au niveau mondial et cela, à quelques exceptions près, sans vouloir céder aux "facilités" qui auraient été payantes auprès du seul public local.
Tunisie terre d'accueil pour les tournages
Quel est le lien entre des films aussi différents que la saga "Star Wars", de Georges Lucas, "Le Patient Anglais" d’Anthony Minghella, "Indiana Jones" de Stephen Spielberg, "Pirates" de Roman Polanski, "Jésus de Nazareth" de Franco Zeffirelli, "Le Grand Carnaval" d’Alexandre Arcady, "Madame Butterfly" de Frederic Mitterand et "le Tigre et la Neige" de Roberto Begnini ?
Un seul et unique lien. Ils ont tous été tournés avec succès dans l’étonnante diversité des paysages de Tunisie, avec l’aide de prestataires de service tunisiens de grande qualité et avec le concours de techniciens tunisiens hautement qualifiés : le promoteur de cette industrie de tournage de films étrangers qui bénéficie d’un encadrement performant depuis les années 1970 est le producteur tunisien d’envergure internationale Tarak Ben Ammar ("Carthago Film Services" et "Quinta productions"), créateurs des studios "Empire" près de la station balnéaire Hammamet (où la Rome antique a été entièrement recréée "en dur" et où se tourne actuellement une longue série sur les empereurs romains) et propriétaire de nombreux complexes de post Productions en France avec une toute nouvelle unité ultra moderne en Tunisie : LTC GAMMARTH.
Depuis les années 90 de nombreuses autres sociétés très performantes pour les prestations de services aux films étrangers exercent avec grand succès dont CTV ("Star Wars", "la Vérité si je mens 2" etc), IMF ("le patient Anglais", "Le Tigre et la Neige" etc…), Cinetéléfilms ("Le nombril du monde", "Madame Butterfly", "Bent Kaltoum" etc..), Nomadis images, ("le Soleil Assassiné", "The Officers" etc.), Alya Films ("A kid and the magic lamp", "Les amants du Nil", etc…), Sindbad ("Last days of Pompeï", "The gospel of Judas" etc.), Rives Productions ("le journaliste"), entre autres sociétés dont on peut obtenir la liste en contactant la Fédération Nationale des Services de L’UTICA (Union Tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat)1
La raison du succès du tournage des films étrangers en Tunisie?
A deux heures à peine de l’Europe, le Sahara et la Méditerranée se rencontrent pour offrir à la Tunisie des décors naturels diversifiés et des paysages grandioses, tous très proches les uns des autres.
Des équipements et des techniciens au savoir-faire confirmé par de grands réalisateurs du monde entier
Un peuple moderne, une infrastructure touristique performante, des aéroports bien répartis, une tradition d’accueil, une sécurité permanente et bien sûr, et toujours, une de ces LUMIÈRES…
(1) Fédération Nationale des services.
UTICA. Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat.
80 avenue Jughurta - 1002 Mutuelleville Tunis - Tunisie (Tunisia)
Tel: (216) 71 281 537 - Fax : (216) 71 802 678
Mobile : (216) 98 336 848
Site web : www.utica.org.tn
Email : fed.services@utica.org.tn
- 13.10.2006
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Des films d’auteur de masse
Certes, durant la décennie précédente, le cinéma tunisien avait déjà brillé au niveau festivalier international avec plusieurs films dont "Sejnane" (1974) et "Aziza" (1980) d’Abdelatif Ben Ammar, "Les Ambassadeurs" (1976)de Naceur Ktari, "Soleil des hyènes" (1977) de Ridha Behi, "La Trace" (1982) de Nejia Ben Mabrouk, « L’ombre de la terre » (1982) de Taïeb Louhichi, "Traversées" (1982)de Mahmoud Ben Mahmoud, ou "Les Baliseurs du désert" (1984) de N.Khemir, tous abondamment primés dans de nombreuses manifestations.
Le miracle a été, qu’à partir de "Rih al-Sud" (L’Homme de Cendres-1986) de Nouri Bouzid, et contrairement à ce qui se passait dans la plupart des pays du Sud où les films d’auteur restent confinés dans les ghettos des salles d’Art et d’Essai ou exclusivement destinés au "prestige" des festivals étrangers, le public tunisien a fait un triomphe sans précédent aux films nationaux, (pulvérisant de loin tous les records d’audience précédemment obtenus par les films hollywoodiens ou égyptiens), même à des films "difficiles" comme "Chichkhan" de Jaïbi/Ben Mahmoud ou "Soltane el-Medina" de Moncef Dhouib, et "inventant" ainsi une catégorie cinématographique inédite, à la fois intellectuelle et populaire, celle des "films d’auteur de masse" ! Ce triomphe local a été doublé d’un triomphe extérieur avec une véritable distribution commerciale à l’échelle internationale (dépassant ainsi de loin la simple "exposition festivalière") obtenue par des films déjà "recordmen" chez eux comme "Les Silences du palais" de Moufida Tlatli, "Halfaouine" et "Un été à la Goulette" de Ferid Boughedir, (ou, plus tard à l’étranger, "Satin rouge" de Raja Amari), les auteurs de ces films se voyant également souvent honorés par une invitation à siéger dans les jurys officiels des plus grandes manifestations internationales comme Cannes, Venise et Berlin.
Si le cinéma tunisien est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus libres, des plus inventifs, (et des plus primés !) du monde arabe, il est aussi à inscrire dans le contexte du modernisme d’un pays qui a réussi à éradiquer l’analphabétisme et où l’émancipation de la femme, décrétée dès 1956 et encore confortée ces dernières années, reste un cas unique dans le monde arabo-musulman. Le statut la femme est certainement à l’origine de la vocation d’un grand nombre de femmes cinéastes et semble avoir changé la société en profondeur, au point que la condition de la femme est, en clair ou en filigrane, au cœur de presque tous les films, qu’ils soient réalisés par des femmes (dont tous les films sont centrés sur un personnage féminin) ou par la grande majorité des hommes.
La plupart des réalisateurs cités, quinquagénaires appartiennent à la «génération des ciné clubs» qui a précédé l’apparition de la télévision. Pour les longs-métrages, aux côtés de films de pionniers comme Kalthoum Bornaz et Fadhel Jaziri, de nouveaux noms sont apparus depuis, tels ceux de Mohamed Zran, Nidhal Chatta, Mohamed Damak, Khaled Ghorbal, Mohamed Ben Smaïl, Jilani Saadi, Naoufel Saheb Ettabaa, Nadia El Fani, Khaled Barsaoui, Mokhtar Ladjimi, Elyes Baccar, Moez Kamoun, pour les documentaires de création celui de Hichem Ben Ammar et pour les réalisateurs vivant à l’Etranger ceux d’Abdelatif Kechiche et de Kamel Cherif, lauréat chacun d’un "Lion d’Or" à Venise et pour le premier, de pas moins de 4 "Césars" pour le même film.
Aujourd’hui après une sévère décrue du public local et une désertion des salles causées, entre autres, par la généralisation de la TV satellitaire (plus 68% des foyers tunisiens en sont équipés) et du DVD, une prometteuse "génération numérique" largement auto financée vient de naître, tout aussi libérée et inventive, avec le groupe "dix courts, dix regards" et le docu-fiction "VHS-Kahloucha" et cela aux côtés de la vitalité du 35mm représentée entre autres par les films "Le Prince" de Mohamed Zran et "Khochkhach" de Selma Baccar suivis par "La Télé arrive !" de Moncef Dhouib) qui (...)
- 13.10.2006
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La liberté des choix dans la filmographie tunisienne
A la différence de ses voisins maghrébins qui, pour des raisons diverses, furent tentés suivant les périodes par une veine "épique" ou par une veine "populiste", ces deux catégories sont pratiquement absentes de la filmographie tunisienne où dominent les "films d’auteur". Des films souvent très différenciés les uns des autres (les choix esthétiques d’un Nacer Khemir n’ayant rien à voir, par exemple, avec ceux de Nouri Bouzid). A tel point que, malgré un "air de famille" général et des recoupements évidents, on a pu dire que pratiquement chaque réalisateur tunisien représentait une "école" à lui tout seul. Cette liberté de choix a été favorisée par le fait que la Tunisie possède également une censure cinématographique (différente de la censure télévisuelle) qui est indubitablement une des plus souples du monde arabe : des scènes qui sont interdites dans d’autres pays arabes et qui y sont coupées quand les films tunisiens y sont projetés révélant la célébration de la nudité féminine ("Halfaouine"), l’homosexualité ("L’Homme de cendres"), l’opposition politique ("Les Sabots en or"), le tourisme sexuel ("Bezness"), la misère des quartiers déshérités ("Essaïda", "Poupées d’Argile"), le droit à l’épanouissement sexuel de la femme ("Fatma", "Satin rouge") ont été finalement acceptées par la censure tunisienne dès lors qu’elles jugées nécessaires à la cohérence de l’œuvre.
Tous ces facteurs (un large public "cinéphile" et une liberté d’expression), ainsi que le rejet économique du "tout étatique" au profit du soutien au secteur privé, permettant l’émergence de producteurs particulièrement dynamiques malgré les difficultés inhérentes au marché, (tels Ahmed Bahaeddine Attia (Cinétéléfilms), Hassan Daldoul (Touza Films), Abdelaziz Ben Mlouka (CTV), Nejib Ayed (Rives Productions), Lotfi Layouni, Selma Baccar et aujourd’hui Dora Bouchoucha, Ibrahim Letaïef, Nejib Belkadhi, etc.) ont abouti, durant la décennie 1986-1996, à une sorte d’"âge d’or" pour les créateurs et le public.
- 13.10.2006
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Bibliographie complète de Ferid Boughedir Directeur artistique des JCC Journées Cinématographiques de Carthage 2006
Férid Boughedir, né en 1944, est l'un des plus grands réalisateurs tunisiens.
Homme aux multiples talents: il est également critique et historien du cinéma.
Son premier long métrage de fiction, Halfaouine, l'enfant des terrasses, reste le film tunisien le plus connu dans le monde. Journaliste à la revue Jeune Afrique depuis 1971, Férid Boughedir est professeur de cinéma à l'Université de Tunis.
Il se fait d'abord connaître comme critique cinématographique par ses publications sur l'histoire du cinéma africain et arabe. Il réalise 2 long-métrages documentaires présentés en sélection officielle au festival de Cannes : Caméra d'Afrique (1983) et Caméra arabe (1987). Sa première œuvre de fiction, Halfaouine, l'enfant des terrasses (1990) est couronnée de plusieurs récompenses, dont le Tanit d'or aux Journées cinématographiques de Carthage (JCC).
En 1992, Boughedir est délégué général lors de 14e session des JCC. Il est membre des jurys officiels de Cannes (1991), Berlin (1997) et Venise (1999) et président du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (2001).
Bibliographie de Ferid Boughedir Directeur artistique des JCC Journées Cinématographiques de Carthage 2006
Ouvrages principaux
Le cinéma africain de A à Z, éd. Ocic
Le cinéma en Afrique et dans le monde, éd. Jeune Afrique
Ouvrages collectifs
Les cinémas du Maghreb, éd. Papyrus
Cinémas noirs d'Afrique, éd. L’Harmattan
Filmographie
1975 : Le pique-nique (moyen-métrage de fiction)
1983 : Caméra d'Afrique (long-métrage documentaire)
1985 : Caméra de Carthage (court-métrage documentaire)
1987 : Caméra arabe (moyen-métrage documentaire)
1990 : Halfaouine, l'enfant des terrasses (titre original : Asfour Stah) (long-métrage de fiction)
1996 : Un été à la Goulette (titre original : Halq al-wadi) (long-métrage de fiction)
- 13.10.2006
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Palmarès des précédentes éditions des JCC
Tanits d'or et films tunisiens primés aux JCC
¨ Tanits d'or des éditions précédentes
Un hommage sera rendu à tous les films arabes et africains primés depuis 1966, date de la première édition du Festival de Carthage.
2002 : Le prix du pardon de Mansour Sora Wade - Sénégal
2000 : Dolé de Imunga Ivanga - Gabon
1998 : Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou - Algérie
1996 : Salut cousin de Merzak Allouache - Algérie
1994 : Les silences du palais de Moufida Tlatli - Tunisie
1992 : La nuit de Mohamed Malas - Syrie
1990 : Halfaouine de Férid Boughedir - Tunisie
1988 : Noces en Galilée de Michel Khleïfi - Palestine
1986 : L'homme de cendres de Nouri Bouzid - Tunisie
1984 : Les rêves de la ville de Mohamed Malas - Syrie
1982 : Le vent de Souleymane Cisse - Mali
1980 : Aziza de Abdellatif Ben Ammar - Tunisie
1978 : Les aventures d'un héros de Merzak Allouache - Algérie
1976 : Les ambassadeurs de Naceur Ktari - Tunisie-Libye
1974 : Les bicots-negres vos voisins de Mohamed Abid Hondo - Mauritanie
1974 : Kafr Kassem de Borhane Alaouie - Liban, Syrie
1972 : Sambizanga de Sarah Maldoror - R.D.Congo
1972 : Les dupes de Tewfik Saleh - Syrie
1970 : Le choix de Youssef Chahine - Egypte
1966 : La noire de… de Sembène Ousmane - Sénégal
¨ Films tunisiens primés lors des éditions précédentes
Dans le cadre de cet hommage, seront projetés tous les films tunisiens ayant été primés depuis 1968 :
Tanits d'argent
2002 : Poupées d'argile de Nouri Bouzid
1974 : Sejnane de Abdellatif Ben Ammar
Tanits de bronze
2000 : Sois mon amie de Naceur Ktari
1988 : Arab de Fadhel Jaïbi et Fadhel Jaziri
1972 : Et demain de Brahim Babaï
1970 : Une si simple histoire de Abdellatif Ben Ammar
1970 : Khelifa le teigneux de Hamouda Ben Halima
1968 : Mokhtar de Sadok Ben Aïcha
Prix de la première œuvre
2000 : No man's love de Nidhal Chatta
1996 : Essaïda de Mohamed Zran
1984 : Les baliseurs du désert de Naceur Khemir
Prix de la contribution artistique
1992 : Chich Khan de Mahmoud Ben Mahmoud et Fadhel Jaïbi
Prix spécial du jury
2002 : La boîte magique de Ridha Behi
Palmares 2004
Compétiton Cinéma
Long métrages
- Tanit d'or : A Casablanca, les anges ne volent pas de Mohamed Asli (Maroc)
- Tanit d'argent : Lettres d'amour zoulou de Ramadan Suleïmen (Afrique du Sud)
- Tanit de bronze : Visions chimériques de Waha Erraheb (Syrie)
- Prix spécial du jury : Dans les champs de bataille de Danielle Arbid (Liban)
- Prix de la première ouvre : Un héro de Zézé Gamboa (Angola)
- Prix du meilleur rôle masculin : Sami Kaftan dans Zaman, l'homme des roseaux de Amer Alwan (Irak)
- Pris du Meilleur rôle féminin : Rokhaya Niang dans Madame Brouette de Moussa Sené Absa (Sénégal)
- Prix du second rôle féminin : Julia Kassar dans la ceinture de feu de Bahij Hojaïj (Liban)
- Prix du second rôle masculin : Fethi Heddaoui dans Bab El Arch de Mokhtar Laâjimi (Tunisie)
- Prix du scénario : Hani Fawzy dans J'aime le cinéma de Oussama Fawzy (Egypte)
- Meilleure Photo : Tarek Tlamçani dans J'aime le cinéma
- Mentions spéciales :
1- Bab El Arch de M. Laâjimi (Tunisie)
2- La chambre noire de Hassan Ben Jelloun (Maroc)
3- 9 éme mois (Palestine)
Courts métrages
- Tanit d'or : Visa de Brahim Letaïef (Tunisie)
- Tanit d'argent : Mardi 29 février de Gehan El Assr (Egypte)
- Tanit de Bronze : Le sifflet de As Thiam (Sénégal)
Compétiton Vidéo
- Meilleure oeuvre de long métrage : Tanger, le rêve des brûleurs ed Leïla Kilani (Maroc)
- Meilleure oeuvre de court métrage : berlin- Beyrouth (Liban) de M.Ma (...)
- 21.09.2006
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Carthage Film Festival 2006 du 11 au 18 Novembre 2006